Portrait de Rebeca Rabal

Alexandra Monet – Paris

 Parfumeur, drom Fragrances.

 

Alexandra Monet a créé le parfum de l’édition limitée « Soir d’été », en exclusivité pour la Manufacture des Possibles.

Une rencontre professionnelle essentielle, qui s’est inscrite dans plus de 10 ans de partage au cœur de nos parcours créatifs, et autour d’une passion partagée : le Parfum. Déterminée, ouverte au Monde, et exigeante dans ses choix, Alexandra éclaire toujours d’une acuité particulière ma vision olfactive et le champ des possibles.

 

Quelques lignes sur votre parcours professionnel

Diplômée de L’ISIPCA, promotion Robertet en 2002, elle intègre la société drom fragrances à Munich, où elle sera guidée dans ses premiers pas de Parfumeur par Valérie Garnuch-Mentzel et Barbara Zoebelein, parfumeurs de talent. En 2008, elle rejoint l’équipe du studio de Paris, où elle signe avec bonheur tour à tour la gamme Ultra Doux Trésor de Miel, Santo Incienso pour the Different Company, et tout dernièrement, Lumière – Collection Mon premier Cristal de Lalique.

Quel a été le premier déclencheur, le moment particulier, qui vous a fait prendre la décision de devenir parfumeur ?

L’année de mes 15 ans, une rencontre avec Françoise Caron, Parfumeur chez Quest à l’époque, qui m’a parlé de son métier et m’a écouté avec une bienveillance enveloppante. Cet échange a été un révélateur déterminant, et finalement la confirmation de mon plaisir à tout sentir, tout mémoriser, tout imaginer depuis ma petite enfance… Cela ne m’a jamais plus quitté.

Quelle est la matière première ou le parfum qui provoque le plus d’émotion pour vous ? et pourquoi ? L’Ambroxan ! Une matière essentiellement boisée, mais si facettée qu’elle est un parfum à elle toute seule. Elle est un magnifique vêtement, confortable, chaleureux et pourtant incisif, très signé. J’avoue que parfois, selon mon humeur, je peux me parfumer avec une solution* d’Ambroxan !

Portrait de Rebeca Rabal
Portrait de Rebeca Rabal

Quand vous développez une formule, à quel moment savez-vous qu’elle est aboutie ? Je n’ai jamais vraiment le sentiment que ma formule est à son point d’orgue, qu’elle est aboutie. J’ai toujours l’envie d’aller plus loin, de pousser telle ou telle part de mon accord. C’est dans un dialogue de confiance avec l’équipe qui m’entoure, que ce moment se détermine. Le regard de l’autre posé sur ma création est important dans mon cheminement.

De quelle façon démarrez-vous votre travail créatif lorsque vous vous lancez dans un nouveau projet ? Avez-vous un rituel ? Oui, par l’écriture ; j’ai le besoin d’intellectualiser les choses. Le premier mouvement est d’aller échanger et de bousculer mes réflexions naissantes avec les équipes de développement en interne. Des mots jetés sur le papier, des photos, des matières, une exposition, sont de formidables points d’ancrage au départ de ma formule. Je couche sur des carnets, l’histoire de ma formule, beaucoup avant de ma lancer, et également une fois que le projet est terminé. Une manière de ne pas clore le chapitre de façon trop radicale. Mon métier qui a pour luxe le temps, est confronté à la vitesse à laquelle nous devons le plus souvent répondre ! C’est essentiel d’avoir des moments de recul et l’écriture offre cette respiration.

Votre plus belle rencontre en Parfumerie ? L’expérience. Aujourd’hui et avec l’expérience acquise, mon approche de la création est tellement plus libre. A partir du moment où l’on a la maitrise des points techniques, il y a un ressenti joyeux, léger à imaginer des parfums. On peut s’exprimer à la fois par l’émotion et l’intellect sans crainte.

Vous avez seulement 3 matières premières à emporter avec vous ? lesquelles ?

Sans hésiter : L’Ambroxan, le Patchouli et le Cashmeran . A elles 3, elles sont un parfum boisé somptueux, et qui selon leur dosage, vont habiller une personnalité de mille façons différentes : un champ lexical olfactif qui me semble presque inépuisable.

Le voyage que vous n’avez pas encore fait ?

Le Japon. C’est un voyage que je prépare depuis longtemps et sur lequel mon niveau d’attentes émotionnelles est très élevé. J’ai une vision à la fois poétique et extra-terrestre de Tokyo, de ce pays. Tout est contraste, et je suis attirée par cette harmonie ambivalente, parfois surprenante de leurs traditions et de leur modernité. Finalement il y a presque une crainte à ce que mon fantasme du Japon ne soit pas cette réalité, mais je ne peux pas envisager d’être déçue. Je sais que ce sera un moment marquant.

Le plus joli mot parlant de parfumerie pour vous ?

Emotion. L’émotion présente dès le début d’un projet créatif, et à la fin lorsque le parfum que j’ai créé va être choisi et porté. Cette échappée vers l’inconnu provoque un sentiment de vertige. Le parfum a la faculté de s’adresser directement au cœur.

Portrait de Rebeca Rabal
Portrait de Rebeca Rabal

Collection – Alexandra Monet

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